FLAMBOROUGH HEAD - “Unspoken Whisper”
1998 - Pays-Bas - Cyclops Records
7 titres - 53’25
Derrière cet étrange patronyme – référence à une célèbre falais de la côte Est de l'Angleterre – se cache en réalité un jeune et talentueux groupe néerlandais. FLAMBOROUGH HEAD fait dans le néo-progressif d'obédience symphonique, et il le fait plutôt bien. "Unspoken Whisper" est en effet une œuvre sincère et attachante, qui arrive à allier efficacité et sophistication. Certes, le propos n'est pas aventureux pour un sou et il peut sembler un peu trop convenu. Toutefois, s'agissant là d'un premier album, on sera enclin à un peu d'indulgence.
Dotée d'une grande force mélodique, les compositions font souvent penser à du PENDRAGON en plus romantique, ou à du LIKE WENDY pour rester aux Pays-Bas. Comme toujours en matière de néo-progressif, la part belle est laissée aux claviers et à leurs sonorités très typées. Pour autant, la guitare n'est pas en reste et la plupart des morceaux sont truffés de superbes soli émotionnels à la PINK FLOYD. Point d'orgue de l'album, l'excellent "Xymphonia" exploite parfaitement ces deux aspects tout au long de ses 10 mn, riches en changement de thèmes et en breaks. Le groupe batave laisse d'ailleurs beaucoup de place aux développements instrumentaux, trois morceaux ne contenant ainsi aucune partie chantée. On citera ainsi le très bon "Wolves At War" malgré une étrange citation – volontaire ou pas – du "Phantom of The Opera" de Andrew Lloyd Webber).
Reste la question du chant. Pour beaucoup, il constitue le point faible du groupe. S'il est vrai que la voix de Siebe-Rein Schaaf n'a rien d'exceptionnel, celle-ci reste cependant tout à fait acceptable. Pour ma part, je trouve d'ailleurs que le petit accent du chanteur ajoute un certain charme. Ses intonations font parfois penser à Alan Reed de PALLAS, notamment sur "Childscream" ou "Schoolyard Fantasy". Non, en réalité s'il fallait vraiment trouver un défaut, ce serait du côté de la batterie qu'il faudrait chercher, celle-ci se révélant plutôt falote dans l'ensemble.
FLAMBOROUGH HEAD signe ici un premier effort homogène, sans titre véritablement faible, en compagnie duquel on passe un agréable moment. Avec un brin d'inventivité et d'audace en plus, nul doute que le groupe saura démontrer qu'il peut être davantage qu'un élève sage et appliqué.
6/10