RPWL - “Stock”

Publié le par Lothian

2003  -  Allemagne  -  Tempus Fugit

10 titres  -  43’45


Présenté comme le troisième opus du groupe allemand, ce "Stock" n'est pourtant pas un véritable album studio. RPWL nous gratifie en réalité d'une collection de titres inédits, de faces B et autres reprises. Mais il faut bien l'avouer, l'illusion est ici parfaite : entièrement retravaillés et réenregistrés pour l'occasion, les différents morceaux s'enchaînent avec une fluidité exemplaire. Ajoutez à cela une production irréprochable et des arrangements d'une grande finesse, et vous aurez compris qu'à aucun moment l'auditeur n'a l'impression d'écouter des chutes de studio. Cette appréhension levée, se pose le second problème récurrent avec ce genre d'initiative, à savoir l'intérêt des compositions proposées, souvent anecdotique.

Malheureusement, force est de constater que l'écueil n'est qu'en partie évité. D'un point de vue qualitatif, le contenu de "Stock" se révèle en effet assez hétérogène, l'excellent cotoyant le dispensable. La première moitié de l'album, sur laquelle on retrouve le progressif typiquement floydien qui a fait la réputation du combo, s'avère d'un très haut niveau. "Opel", le titre d'ouverture, est d'ailleurs une superbe reprise de Syd Barrett, légendaire membre fondateur de PINK FLOYD. Nappes de claviers et guitare lyrique sont donc plus que jamais au rendez-vous, les Allemands ne faisant de toute façon pas mystère de leur principale source d'inspiration. Sublimé par le chant très gilmourien de Yogi Lang, "The Way It Is" est une vraie perle, et sans doute le meilleur morceau jamais écrit par RPWL. Tout aussi excellent, l'épique "Gentle Art of Swimming" qui lorgne plus vers un progressif expérimentalo-planant à la PORCUPINE TREE. Habilement reliés par de courtes plages atmosphériques, ces 3 titres ne forment en réalité qu'un seul même tout, pour un début d'album en apothèose.

Car la deuxième moitié de ce "Stock" se révèle bien décevante. La musique de RPWL se fait soudain plus pop-rock, moins ambitieuse. Cette facette, déjà entrevue sur l'album précédent "Trying To Kiss The Sun", reste peu convaincante. Sur "Who Do You Think You Are", le groupe semble singer les BEATLES sans arriver à provoquer autre chose que l'ennui. "Sun In The Sky" se distingue lui par ses chœurs féminins ratés, qui viennent plomber un peu plus un morceau à la mélodie très indigente. Bref, quelques passages fugaces ici ou là, pas grand chose à retenir de cette seconde partie.

C'est incontestable, RPWL a apporté le plus grand soin à ce recueil d'inédits, et ne se moque de ses fans (ce qui est malheureusement trop souvent le cas avec ce genre de produits). Cependant, le résultat reste en demi-teinte : si certains titres font partie des tous meilleurs du groupe, d'autres sont franchement anecdotiques voire quelconques. Vous voilà prévenus !

6/10

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Publié dans Chroniques

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