RED SAND - “Music For Sharks”

Publié le par Lothian

2009  -  Canada  -  SPBN Production

9 titres  -  53’18

Retour en 2004 : RED SAND, groupe québécois totalement inconnu, sort un premier album qui enthousiasme la communauté néo-progressive. Bien sûr, quelques esprits chagrins (toujours les mêmes) reprochent le manque d’originalité du propos et l’ombre par trop présente du MARILLION période Fish. Les autres, trop heureux de trouver une formation capable de ressusciter les fastes de cette époque bénie, lui réservent le meilleur accueil. Ce "Mirror of Insanity", sombre, mélodique et émotionnel comme "Script For A Jester's Tear" en son temps, marque la naissance d’un futur grand, pensait-on.

Sauf que depuis lors, les fans sont allés de déception en déception à mesure que les albums s'enchaînaient, jusqu’à un "Human Trafficking" de triste mémoire. Sans doute lassé des comparaisons incessantes avec son illustre aîné, Simon Caron, tête pensante du groupe, avait choisi de s’éloigner peu à peu du modèle original. Aspiration certes louable, mais au résultat bien décevant, au point de faire ressembler la discographie de RED SAND à un lent et inéluctable baissé de rideau.

Heureuse surprise ! Avec ce quatrième album, les Canadiens semblent enfin disposés à effectuer le retour aux sources tant attendu. D’abord, Mathieu Lessard, le chanteur du premier opus, est de nouveau de la partie. Ensuite, RED SAND revient musicalement à une partition très proche du MARILLION du début des années 80, ponctuée des nombreux soli lyriques de Simon Caron à la guitare. Le propos n’est plus totalement le même, cependant : le groupe intègre davantage d’influences seventies à la PINK FLOYD ou à la GENESIS. Les ambiances sont plus variées et plus subtiles, les claviers moins pompiers et bien plus en retrait (il n’y a en fait plus de claviériste attitré dans le groupe, Simon Caron ayant décidé de s'en charger lui-même). Mais le principal est là : le charme opère à nouveau.

Pour la petite histoire, "Music For Sharks" est un concept-album sur le spleen d’un artiste confronté à la rapacité de l’industrie musicale actuelle. Un sujet très personnel, que l’on imagine issu de la propre expérience de Simon Caron, et que n’aurait pas renié un certain Fish. Malheureusement, tout le monde n’a pas le talent d’écrivain du géant Écossais, et les paroles (en langue anglaise) apparaissent ici bien naïves, pour ne pas dire "simplettes"... Assurément pas le point fort de nos Québécois.

Au final, RED SAND réussit quand même à rallumer la flamme avec ce disque. L’héritage de MARILLION est de nouveau assumé, ce qui n'empêche pas la mixture de rester personnelle. Une bonne surprise donc, le groupe semblant avoir trouvé une voie médiane qui puisse satisfaire le plus grand nombre.


6/10

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Publié dans Chroniques

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